L'histoire d'une collection d'art contemporain
Collection Thalie
Un engagement pour les artistes femmes, les récits écologiques et les savoir-faire
Initiée en 2008 par Nathalie Guiot, la collection s’est construite de manière organique et intuitive, au gré des rencontres puis en lien avec les engagements de la fondation; Une volonté de défendre des pratiques artistiques plurielles émergentes des années 1970 à aujourd'hui, avec un focus sur le Sud global, qui intègre l'écologie. Sensible à la question de l'épuisement des ressources naturelles et à la préservation des savoir-faire ancestraux ou contemporains, Nathalie Guiot souhaite défendre la voix des artistes femmes, tout en mettant l’accent sur des œuvres collaboratives soutenant les communautés locales.
Liste des artistes
Caroline Achaintre, Rita Ackermann, Alma Allen, Markus Amm, Amber Andrews, Helene Appel, Farah Atassi, Vanessa Beecroft, Lynda Benglis, Will Benedict, Jean-Baptiste Bernadet, Michel Blazy, Cathryn Boch, Bianca Bondi, Emmanuel Boos, Paloma Bosquê, Louise Bourgeois, Lucia Bru, Nicholas Byrne, Albarrán Cabrera, Schmidt California, Lubna Chowdhary, Estelle Chrétien, Claudia Comte, Ange Dakouo, Elena Damiani, Daniel Dewar & Grégory Gicquel, Odonchimeg Davaadorj, Edith Dekyndt, Jérémy Demester, Monica de Miranda, André Derain, Diambe, Mark Dion, Edi Dubien, Pauline-Rose Dumas, Nathalie Du Pasquier, Marten Lobner Espersen, Sam Falls, Simone Fattal, Richard Fauguet, Valérie Favre, Sidival Fila, Nicolas Floc'h, Michel Francois, Agnès Geoffray, Noémie Goudal, Pauline Guerrier, Kazunori Hamana, Majd Abdel Hamid, Marie Hazard, Camille Henrot, Nathanaëlle Herbelin, Roger Herman, Sheila Hicks, Christian Hidaka, Martine Jackson, Ann Veronica Janssens, Chantal Joffe, Eva Jospin, Tamo Jugeli, Jitish Kallat, Sanam Khatibi, Seffa Klein, Takehito Koganaezawa, Klara Kristalova, Henri Laurens, Alexandre Lenoir, Zoe Leonard, Jasmine Little, Matthew Lutz Kinoy, Liz Magor, Benoît Maire, Marin Majic, Anna Malagrida, Wallen Mapondera, José Maria Sicilia, Tincuța Marin, Martine Feipel & Jean Bechameil, Kristin Mckirdy, Janaina Mello Landini, Isa Melsheimer, Théo Mercier, Caroline Mesquita, Desire Moheb-Zandi, Pascal Monteil, Paulo Monteiro, Oscar Murillo, Edgardo Navarro, Asemahle Ntlonti, Junko Oki, Ozioma Onuzulike, Dickens Otieno, Sara Ouhaddou, Zoé Paul, Nohémi Pérez, Elise Peroi, Bruno Perramant, Solange Pessoa, Simone Pheulpin, Francis Picabia, Diogo Pimentao, Eugenio Pipo, Lucia Pizzani, Benoît Plateus, Laure Prouvost, Hans Reichel, Mathilde Rosier, Karine Rougier, Anila Rubiku, Gidéon Rubin, Sterling Ruby, Elsa Sahal, Tomás Saraceno, Edgar Sarin, Mira Schor, Grace Schwindt, Dianna Settles, Kiki Smith, Marta Spagnoli, Georges Tony Stoll, Jacqueline Surdell, Risaku Suzuki, Catalina Swinburn, Alina Szapocznikow, Agnès Thurnauer, Achraf Touloub, Tatiana Trouvé, Natsuko Uchino, Thu Van Tran, Pieter Vermeersch, Adrien Vescovi, Jeanne Vicérial, Ulla Von Brandenburg, Brent Wadden, Khairulddin Wahab, Francesca Woodman, Masaomi Yasunaga, Tomotaka Yasui, Antonella Zazzera, Héctor Zamora, ...
Une Collection Vivante
Comment collectionner à l'ère de la crise écologique ? C'est l'une des questions qui traversent la collection Thalie, conçue par Nathalie Guiot comme un dispositif dynamique, capable d'évoluer en dialogue avec les urgences du présent. Tissée d'expositions, de résidences, de productions et de recherches, la collection devient un outil actif en constant renouvellement, à l'image de l'œuvre Maintenant d'Agnès Thurnauer, où le mot apparaît suspendu dans un ciel nuageux, invitation à s'inscrire dans l'ici et maintenant, à voir l'état du monde et à passer à l'acte.
À l'origine de la collection se trouve le corps, premier territoire d'expérience et de transformation. Les photographies de Francesca Woodman, où le corps est à la fois sujet et instrument de l'œuvre, fondent cette approche. Chez Lynda Benglis, le corps se transforme en geste de résistance matérielle ; chez Rita Ackermann et Alina Szapocznikow, l'ambiguïté s'approfondit entre organe et fleur, résistance et transformation.
De là, le regard s'élargit vers le vivant blessé : les mondes sous-marins de Nicolas Floc'h, les paysages du Catatumbo de Nohemi Pérez, les territoires d'Afrique du Sud d'Asemahle Ntlonti, où la violence humaine laisse des cicatrices que l'art cherche à lire et à réparer.
Car l'écologie ne devrait pas concerner uniquement les milieux extérieurs et les corps qui y évoluent, mais aussi se tourner vers les paysages intérieurs et la psyché. C'est cette écologie du rêve que convoquent Kiki Smith et Karine Rougier, dissolvant les frontières entre humain et non-humain, tandis que Caroline Achaintre et Tincuța Marin ouvrent des mondes habités par des mythes, des rituels et des imaginaires ancestraux.
Ailleurs, c'est le temps qui change d'échelle : les strates géologiques d'Elena Damiani, la lumière lente de Thu-Van Tran, la broderie patiente de Majd Abdel Hamid, symbole de lien et de guérison.
Enfin, les gestes et les savoirs : les briques de terre crue de Natsuko Uchino, l'artisanat transgénérationnel de Sara Ouhaddou, le vêtement-sculpture de Jeanne Vicérial, les fibres de palmier de Catalina Swinburn.
Ancrée dans les pratiques féministes des années soixante et soixante-dix et projetée vers le présent, la collection Thalie se redessine à chaque acquisition, comme l'aquarelle Dore d'Ulla Von Brandenburg, comme un tissu qui grandit, se transforme et reste vivant. — Yann Chateigné Tytelman
Lire le texte de Yann Chateigné Tytelman via ce lien.
Collection
Don d'une oeuvre de Agnès Thurnauer au Musée de Grenoble